Vue d'ensemble de l'exposition de Géraldine Rivollier à la Galerie AINAY

À propos

Géraldine Rivollier

Silence

Mon travail actuel s'articule autour de 2 axes qui sont la forme et la technique. La forme pour parler du corps, corps comme sujet d'étude autour de thématiques comme le consentement, la pudeur, le respect, le regard de l'autre sur soi.

À partir de techniques classiques et académiques, un travail plus ou moins léché à la peinture à l'huile et une représentation anatomique répondant aux canons de beauté gréco-romains classiques, j'ai souhaité mettre en valeur le corps masculin qui se donne ou se refuse. Il se présente ou s'oppose et toujours dans un clair-obscur caravagesque qui ajoute une certaine tonalité dramatique à la scène. Le fond traité en aplat pur de noir contraste par sa matité avec le modelé des corps et de la musculature.

Ces corps qui se montrent ou parfois se cachent, se font brillants ou pas par une expérimentation technique autour des jus et médium pour une mise en évidence de certaines parties du corps. Un cadrage parfois très serré accentue l'aspect dramatique et permet de pénétrer l'espace de ces personnages, comme une intrusion supplémentaire. Par leurs gestes et attitudes, un silence s'installe.

Les natures mortes rendent hommage aux maîtres des scènes d'intérieur comme Giorgio Morandi ou Vermeer.

Montrer l'intimité du peintre n'est pas synonyme de « grand déballage », d'impudeur, voire de voyeurisme mais au contraire des notions morales telles que la décence, le respect, la réserve sont évidemment présentes. La pratique picturale passe donc par « un nettoiement de l'espace pictural nécessaire » (Huyghe à propos de Vermeer).

Les impressions de sobriété, de retenue, d'économie reviennent très souvent dans ma peinture actuelle et peuvent engendrer un sentiment de frustration, une attente chez le spectateur.

Et nous pouvons aussi nous interroger sur la qualité des silences… Il existe des silences emprunts de sérénité, de quiétude et d'autres plus lourds, plus pesants que j'ai tenté de traduire dans mes peintures. Un silence parfois presque suffoquant.

Comment parvenir à parler du silence en peinture ? Comment peut-on le matérialiser ?

Parcours personnel

  • Maîtrise d'arts plastiques — Université d'arts plastiques de Strasbourg sur « La vie silencieuse des choses »
  • CAPES d'arts plastiques
  • Enseignante d'arts plastiques dans l'académie de Besançon puis de Lyon depuis 30 ans
  • Formatrice d'arts plastiques et membre de jury de CAPES à Paris
  • Publications dans des revues spécialisées du réseau SCEREN
  • Expositions dans l'est de la France
  • Diversité des techniques mais peinture essentiellement figurative